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 Désillusion ♦ Silas & Sahara

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Sahara R. Solomon

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Messages : 20
Date d'inscription : 25/11/2009
Occupation : Pâtissière au Bewley's Coffee
Pouvoirs : Visions du futur et télékynésie

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WITH OR WITHOUT YOU:

MessageSujet: Désillusion ♦ Silas & Sahara   Mar 8 Déc - 0:17


Silas & Sahara

« Before your eyes the world will change
Slowly takes you down to unknown places »


    Sale, sale journée. Le réveil avait sonné bien trop tôt, me tirant d’un rêve plus qu’agréable dont je ne me souvenais malheureusement rien. Moi qui détestais me lever tôt, j’avais fait grise mine pendant un bon moment, et ça ne s’était pas arrangé en voyant le ciel empli de nuages noirs. Le temps était accordé à mon humeur, quelle bonne surprise pour mon premier jour de travail au café … J’avais néanmoins collé un sourire radieux sur mes lèvres, quelques mètres avant d’entrer dans mon nouveau lieu de travail, me répétant que tout se passerait pour le mieux. Le coup de tonnerre qui avait retenti quand j’avais posé le pied à l’intérieur ne m’avait pas aidée à positiver, mais mon sourire n’avait pas flanché et je m’étais dirigée d’un pas vif vers le comptoir du café.

    Le contact avec le responsable avait été parfait à mon goût, et tout s’était très bien passé jusqu’à ce que je rencontre celle que je devais remplacer … Une femme sèche comme un coup de trique qui m’avait immédiatement ensevelie sous une montagne d’instructions et de recommandations toutes plus importantes à ses yeux pour le bon fonctionnement de la pâtisserie. Sa voix dure et ses manières automatiques m’avaient fascinée, et pendant un bon moment je l’avais suivie en hochant vaguement la tête, sans rien écouter de ce qu’elle disait, en me demandant seulement comment une femme pareille pouvait avoir été pâtissière pendant si longtemps en ne prenant visiblement aucun plaisir dans son métier. Elle me montrait ce qui avait fait sa vie depuis l’ouverture du café avec des gestes d’automate, secouant les ustensiles dans ses mains osseuses et les reposant avec des gestes secs sans aucune douceur … Certes, après la formation que j’avais eu ces dernières années, je savais que ce métier était éprouvant et qu’au fil du temps, on prenait de moins en moins de plaisir à cuisiner et que les gestes venaient mécaniquement. Mais une passion pouvait-elle s’effacer au point de rendre quelqu’un comme elle, aussi froide et désintéressée ? J’en étais presque à la plaindre quand sa voix cassante me ramena sur terre avec une litanie de reproche sur mon étourderie, et je passais le reste de la journée à la maudire consciencieusement et à prendre fiévreusement des notes sur tout ce qu’elle me montrait. Quand elle me laissa enfin sortir, je n’avais pas touché à une seule des cuillères, et encore moins aux moules à gâteaux … Mais j’avais la tête pleine à exploser, et mon sourire factice avait depuis longtemps disparu. Au moins, il ne me restait plus qu’une semaine à passer avec elle avant qu’elle ne parte à la retraite et me laisse le champ totalement libre …

    J’étais en train d’enfiler mon manteau et contemplant le ciel toujours plus sombre, quand je me souvins enfin que je n’avais plus de raisons de me morfondre. La veille, j’avais appelé Silas pour convenir – enfin ! – de la date de nos retrouvailles. Ce que j’avais pris pour une grippe, et qui finalement avait été très loin d’une maladie au sens propre du terme, était enfin terminée et je pouvais le voir en bonne et dur forme pour mettre fin à ces dix années de séparation.
    A nouveau, un sourire était monté à mes lèvres, un vrai sourire radieux. Quand je quittais le café, je saluais joyeusement les serveuses et m’élançais dans la rue en sautillant. Cela faisait dix ans que j’attendais ce jour, dix ans où j’avais haïs mon père pour nous avoir fait déménager alors que j’aimais plus que tout ma vie à Boston, et surtout mon voisin Silas … Mais à quinze ans, je n’avais pas les moyens d’empêcher ma famille de bouger, surtout quand il s’agissait du travail de mon père. Il devait nourrir quatre adolescents et les fins de mois étaient difficiles : à Chicago, notre situation s’était quelque peu améliorée. Maigre consolation pour moi, mais j’avais fini par me faire une raison en découvrant la merveilleuse technologique qu’était internet : messagerie instantanée, mails … Je pouvais discuter avec Silas comme s’il était avec moi. Ou presque. Les mots que nous échangions à travers nos écrans n’avaient jamais remplacé nos discussions réelles, nos jeux et nos disputes. Mais aujourd’hui, en cette sombre fin d’après-midi, nous allions nous revoir.

    Alors que je gravissais la colline qui menait à notre lieu de rendez-vous, je sentais mon estomac se serrer. Mon sourire se faisait moins assuré à mesure que je voyais apparaître les bâtiments de Beacon Hill, pourtant mon pas était toujours aussi pressé. J’étais impatiente de revoir Silas … Mais une part de moi craignais également ces retrouvailles, sans que je ne sache vraiment pourquoi. Un sentiment diffus de doute grandissait en moi, à mon plus grand dam. Mais quand j’arrivais devant la librairie où Silas devait me rejoindre, je me traitais d’idiote. Qu’avais-je à craindre ? Ce n’était pas comme si je ne lui avais pas parlé depuis des années … Nous ne nous étions rien caché, et je savais qu’il était toujours mon meilleur ami. C’était tout ce qui comptait.
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